Après son intervention, Flouflou retourne chez lui, pensif. Sa pensée, déjà en ébullition, est encore gâtée à la vue d'une enveloppe déposée à son entrée. Une fois rentré, il déchire le papier de l'enveloppe et sort le contenu avant de l'étaler sur la table. Une lettre. Il la déplie et la lit dans son intégralité, en silence. Ce même silence est rompu une longue minute après par un grand coup sur la table. Il se lève, se rhabille en trombe et sort d'un pas pressé de chez lui. Rapidement, il s'enfonce dans les rues de Scyri, toujours aussi pressé. Plus il avance, moins il y a de monde, et plus les ruelles sont étroites.
Au bout d'une vingtaine de minutes, il y est. Pas un bruit, seulement le vent qui s'engouffre dans la ruelle où il se trouve. Face à lui, une sorte de tunnel où il ne tarde pas de s'enfoncer. Il passe quelques minutes à l'intérieur, éclairé seulement par une allumette. Sortie de ce tunnel, face à luit, un champ de blé. Du blé à perte de vue, et en son centre, un petit lopin de terre vide, enfin presque. Il traverse le champ en direction du centre, la main sur le coeur. Il sent le stress monter.
Et, à peine arrivé, il regarde à ses pieds. Sous ses yeux, des lettres, énormément de lettres, des photos qu'il reconnait immédiatement, et une ombre qui se dessine face à lui. Sans aucun bruit, une silhouette émerge du champ, c'est une femme. Flouflou lève les yeux, et à la vue de la demoiselle recule instinctivement d'un pas.
- Toi.
- Oui, ça faisait longtemps non? Ahah. Elle esquisse un sourire
- Et j'aurais apprécié que ça continue comme ça. Qu'est-ce que tu me veux?
- Tu le sais très bien, "flouflou". D'ailleurs il est pas top ton surnom mon chou, tu m'as habitué à mieux.
- Tais-toi. Un temps. Comment t'as trouvé tout ça?
- Je savais que tu t'en souviendrais ahah. Mais.. Elle s'approche de lui lentement Rien de tout ça ne te manque?
- Pas pour le moins du monde.
Elle passe son doigt sur le menton de Flouflou qui pousse sa main d'une traite. Ensuite, elle s'abaisse et prend l'une des photos. Elle la contemple.
- Vraiment..? Pourtant tu en profitais bien petit coquin.
- C'est du passé, maintenant disparais de ma vie.
- Oh je vois, tu m'en veux encore pour Katarina..
- Ferme la. Et dégage.
- Pas la peine de s'énerver voyons. C'est dingue comme t'es devenu vulgaire depuis la dernière fois où on s'est vu.
- Tu me veux quoi bordel?
- Et bien.. On pourrait trouver un terrain d'entente tout les deux.. Si tu vois ce que j'veux dire.
- Non, je refuse une telle chose.
- Mh, dans ce cas je vais devoir t'y contraindre.
- J'aimerai bien voir ça tiens.
- Elle est en vie.
- Quoi?
- Elle est en vie. Je ne l'ai pas tué. Enfin pas encore.
- Arrête de te foutre de moi.
- Mais je suis sérieux mon chou ! Elle sort une photo de sa poche Regarde par toi-même ! Bon.. Elle est plus aussi rayonnante qu'avant, mais bon ça c'est peut-être un peu à cause de ses conditions de survie.
Flouflou la prend par la gorge
- Où est-elle?
Elle tente de se débattre
- Lâche moi imbécile. Si tu me tues tu ne pourras jamais la retrouver et en plus elle va crever de faim.
Il la jette sur le sol
- Mais tu vas répondre bordel de merde !
- Ahah non. Je crois que tu n'as pas encore compris la chose. Si tu veux espérer la revoir, tu vas devoir m'obéir au doigt et à l'oeil, sinon.. Elle fait un mouvement méthodique de la main au niveau de sa gorge. Compris?
- Va crever.
- Ah, tu as compris. Oh, et Zack, change moi ce surnom c'est répugnant. Prends en un que je t'ai donné, comme.. Loulou, ou mon chou.. Ou encore imbécile ! Mais Flouflou c'est nul..
- Va te faire foutre. Bon qu'est-ce que tu veux?
- Toutes les semaines, ce jour, et à cette heure, je veux te voir ici sans exception. Et je te communiquerai ce que tu dois faire. Aujourd'hui, je voulais juste te montrer qu'on allait bien s'entendre tout les deux mon chou ahah. Aller disparais dans les champs. Ah et si tu me suis je prendrais soin de la buter sous tes yeux abruti.
- Espèce de salope. Salope !
Elle s'enfonce à nouveau dans le champ, ses rires couvrant le silence.
Flouflou rentre chez lui, abattu. Sans prendre la peine d'enlever ses habits de ville il s'effondre sur le canapé de son salon, et reste là, à ne rien faire, ni même dormir, pendant de longues minutes, de longues heures.