Quelques jours plus tard.
Une sorte de tremblement de terre, ébranla les quartiers provisoires de Dragunov et tout Arthada. Alors qu’il faisait complètement jour, une ombre commença à plonger la capitale dans une nuit presque totale.
Des cris de panique remontent des rues et des gardes accoururent pour protéger la Caparmate craignant une autre attaque des rebelles.
Mais en regardant le ciel, ils s'aperçurent qu’il s’agissait en réalité d’un énorme vaisseau atlante, de forme ovoïde et noir comme le charbon, de ce gigantesque engin seuls des centaines de petites lumières comme des étoiles permettaient d’en deviner la taille et la forme.
Soudain, une sorte de grande porte circulaire s’ouvra de ce qui est le dessous de l’appareil, une intense lumière inondait la zone en dessous, on pouvait apercevoir cinq aéronefs en sortir qui semblaient être des insectes volants tant la taille du vaisseau était démesuré.
Ces cinq aéronefs se dirigèrent droit vers Dragunov, en quelques minutes ils étaient posés dans une grande cours intérieure fermée par des palissades végétalisées.
Quand les portes des appareils s’ouvrirent, des soldats armés en sortir et encerclaient Dragunov, du cinquième appareil une femme en sortit suivit par cinq autres individus. La femme était très grande et fine, pour ne pas dire maigre, de très long cheveux blancs qui lui descendaient jusqu’à la taille, elle portait un diadème noir et doré couvert de pierres scintillantes comme des petits soleils, elle était vêtue d’une sorte d’armure blanche avec des rayures rouges sur les flancs. Elle avait également une sorte de grande lance comme sceptre. Les cinq personnes qui l’accompagnait étaient tête baissée, le crâne complètement chauve et vêtue d’une sorte de tunique grise, enfin leurs cous étaient ornés d’une sorte de gros collier doré.
Les soldats de Dragunov s’apprêtant à utiliser leurs armes furent envoyés valser dans les airs sous le geste de l’étrange femme. Elle continua d’avancer lentement vers Dragunov, arrivé à sa hauteur elle eut un sourire carnassier et dit d’une voix sombre:
- Vous êtes bien madame Dragunov je présume? Oui, votre tête correspond bien à la description qu’on m’en a donnée.
Dragunov voulu montrer qui était la patronne mais l’étrange femme leva sa main et la Caparmate senti une force l'étreindre et la soulever dans les airs.
La femme reprit avec une pointe de sadisme dans la voix:
- Inutile de vous débattre très chère, si j’avais voulue vous tuer, je ne me serait pas donné la peine à me déplacer jusqu’ici -parcourant du regard la cours intérieur avec un air de dégoût- je vous informe que vous êtes en état d’arrestation, ainsi qu’un autre primitif de votre genre dénommé Timothée Coursevent, où pouvons-nous le trouver?
Dragunov ne répondit pas.
La femme s’avança et approcha son visage de celui de Dragunov et lui dit:
- Madame Dragunov, je vous conseil de répondre à mes questions car d’une manière ou d’une autre j’aurais les réponses que je veux mais si j’emploie ma méthode cela risque de vous être des plus déplaisant pour vous. Le choix vous appartient, alors où est ce Timothée Coursevent?
Sélène arbora un magnifique sourire, et dit :
- Très bien, alors actuellement il est dans la capitale, même si je ne sais pas où. Par contre faites vite, une gorge est si vite tranchée et un accusé s’en va si vite de nos jours ahah !
L’étrange femme relâcha son emprise laissant Dragunov retomber lourdement sur le sol, elle se mit à rire et dit:
- Hahahahahaha Mme Dragunov, vous auriez fait une très bonne inquisitrice j’en suis certaine hahahaha mais vous manquez cruellement de classe. -Se tournant vers les soldats- Bien vous avez entendus, fouillez la ville et ramenez moi cet être inférieur et plus vite que ça. Quand à vous Mme Dragunov, vous allez venir avec moi, après vous. Hahaha.
Dragunov rigola à son tour, et commença à avancer, néanmoins l’inquisitrice vit dans le ciel un cercle se dessiner doucement.
L’inquisitrice se tourna vers Dragunov et lui dit d’un air satisfait:
- Ma pauvre, vous pensez réellement que vos talents misérables auront un quelconque effet sur nous? Ne soyez pas sotte, nous savons quelle puissance maximal peut délivrer vos racines et vous êtes loin, très loin du compte. Mais si vous tenez à m’impressionner allez-y je vous en pris. Hahahahahaha.
Pendant ce temps au loin, dans les cieux de la capitale, des dizaines d’aéronefs survolaient la ville.
Sélène reprit :
- Vous êtes gentille de me laisser finir, décidément les inquisiteurs sont de chics types. Dites-moi, le zéro absolu, vos vaisseaux y survivent ? Parce qu’en l’occurence c’est ce qui va arriver, ainsi qu’à la ville d’ailleurs si vous ne m’arrêtez pas ahahah !
L’inquisitrice se mit à rire de plus belle, et répondit d’un ton provocateur:
- Mais bien sûr allez-y à part tuer de froid vos propres compatriotes vous aurez aucuns autres résultats très chère enfant. Hahahaha allez-y winter is coming!
- Ah allez, amusons nous -Mme Dragunov prenant son souffle- NILFHEIM !
Une immense masse glacée s'abattit alors sur la capitale, s’étendant jusque dans les cieux. L’inquisitrice eu a peine un frisson malgré la température extrême, mais étonnamment, les racinites ne semblaient pas affectés par le sort. Par contre, il semblerait que la maintenance d’un des aéronefs eût été mal faite, ce dernier s’écrasant sur le sol.
Sélène prit un air satisfait et tira la langue à l’inquisitrice.
L’inquisitrice regarda Sélène avec un sourire menaçant et lui dit:
- C’est tout? Est-ce là toute la puissance des Racinites? Je ne comprends vraiment pas ce que notre Divine Impératrice bénie soit sa lumière vous trouve, vous êtes pitoyables. Un simple vaisseau tombé en panne? Vous n’avez pas de quoi être fière, tout cela c’est remplaçable. Je m’interroge en quoi notre Divine Impératrice peut vous trouver à vous en particulier? Vous ne valez pas le centième d’un traîne misère atlante.
D’un geste de la main elle fit valser Dragunov dans son vaisseau.
Dragunov, un peu secouée par le choc, reprit en souriant :
- Je n’allais pas congeler toute ma population non plus ahah, et puis je ne peux pas déployer toute la puissance de l’Arbre si rapidement voyons. Je dirais que nous étions en dessous d’un pour cent d’efficacité, c’est dire. SI vos vaisseaux tombent pour un sort si faible, les pitoyables ne sont pas les racinites, mais vos ingénieurs paresseux ahah ! Et ce qu’elle me trouve ? Je ne sais pas, vous n’avez qu’à lui demander AH j’oubliais, je lui parle plus que vous ahah !
L’inquisitrice fit apparaître des menottes qui eurent pour effet non seulement d’entraver les gestes de Dragunov mais qui affaiblissait son lien avec l’Arbre.
Puis L’inquisitrice parla dans une sorte de console et dit d’un ton sec comme un désert:
- Alors? Vous avez trouvé l’autre primitif?
Une voix robotique émana de l’appareil:
- Oui Inquisitrice, il n’a opposé aucune résistance nous le ramenons à bord du Justicia.
L’inquisitrice se tourna vers Dragunov caressa son visage, comme un boucher caressait un gigot et lui dit:
- Hmmm ne m’en voulez pas, je ne fais que mon travail -lui faisait les yeux doux puis elle enserra sa main autour de son coup et repris- et j’adore mon job hahaha.
Sélène la regarda dans les yeux et dit :
- Je vous comprends tellement, j’avoue que j’aime aussi m’amuser avec ce genre d’occupation ahah ! Par contre vos équipes ont été lentes pour attraper ce couard, rassurez moi, dites moi qu’il y a la peine de mort dans votre pays, si vous pouviez le tuer ça m’arrangerait ahah.
L’inquisitrice se mit à rire et dit:
- Haha je suis contente que vous preniez les choses ainsi, Dragunov, après tout vaut mieux bien nous entendre durant les 3 mois de voyage qui nous attendent. Hahahaha.
-Roh 3 mois, mais vous m’emmenez à votre capitale ou quoi ? Bon, bah, je peux envoyer un message au TDS pour allonger mes pleins pouvoirs de six mois le temps de l’aller-retour ? Et ce ne serait pas plus rapide d’utiliser la porte des étoiles ?
- Voyons très chère enfant, ça ne sera pas un aller retour de six mois, vous en avez pour au moins deux ans hahahahahaha, nous vous emmenons loin de votre monde d’origine, de ce misérable grain de poussière insignifiant.
Il eut quelques secousses dans l’appareil et la porte de l’engin s’ouvra, le vaisseau venait d'atterire dans un immense hangar baigné de lumière. Dans l’appareil à côté de celui de l’Inquisitrice,Dragunov vit Timothée enchaîné et escorté par neuf soldats.
- On est déjà arrivé, et bien j’ai perdu ma notion du temps moi ahah ! Ah Salut Timothée, ça va ils t’ont pas trop fait mal j’espère ? Quoique non après réflexion je m’en fout ! Bon inquisitrice, d’ailleurs vous m’avez pas donné votre nom, c’est pas très très poli tout ça, c’est quoi la suite du programme. Vais-je visiter vos cellules ? ahah
Timothée releva la tête, révélant une énorme balafre sur son front ensanglanté.
L’Inquisitrice aida Dragunov à se relever et à avancer et lui répondit:
- Mme Dragunov nous ne sommes qu’au début de notre voyage, bienvenue sur le Justicia, le vaisseau mère de l’Inquisition. Pour répondre à votre question, je m’appelle Inquisitrice c’est tout ce que vous avez besoin de savoir. Bien évidemment, vous allez de ce pas visiter nos quartiers de détentions qui sont, en comparaison du taudis qui vous sert de maison sera, j’en suis persuadée, un véritable palais, hahahahaha.
- Je vous aime bien inquisitrice, je suis sûr que vous êtes chouette en dehors du boulot. Bon vu que vous voulez pas me donner votre nom, appelez moi Caparmate ahah ! Et je crains que les quartiers de détentions ne seront pas mieux que de dormir au sein de sa source énergétique malheureusement … Mais bon, vu que vous ne pouvez pas transporter notre planète, d’ailleurs, vivement une telle technologie, ça fera l’affaire ahah.
- Mais qui vous a parlé de dormir, Dragunov?
- Vous marquez un point ahah !
L’inquisitrice donna des ordres dans sa langue et très vite une cohorte de soldats lourdement armés emmena Dragunov et Timothée dans leur quartier. Quelle ne fut pas la déception de Sélène quand celle-ci comprit qu’elle devra partager sa cellule avec celui qu’elle hait le plus au monde.
Elle s’adressa à Timothée :
- Bon, alors t’as retenu le chemin pour aller au hangar ? Des fois qu’on projette de s’évader ? Même si je crois pas qu’on ira loin, au fait, on va se mettre d’accord tout de suite. Tu parles je te fous un coup de poing, tu pleures un coup de pied, tu me fais chier ta tête cogne un mur ahah ! Aussi, ça serait pas mal Kida que tu m’expliques cette vaste blague, sinon je vais me fâcher, et crois moi tu veux pas me voir en colère.
Timothée répondit à Dragunov:
- Regardez par la fenêtre.
Depuis le minuscule hublot Dragunov pouvait voir sa planète Anathas dans son ensemble et en un instant un flash inonda tout autour des deux protagonistes, par le hublot la planète avait disparue laissant place à une sorte de défilé de traits de lumières multicolores.
Timothée commença à paniquer et dit à Dragunov:
- Tout ça c’est de votre faute, si nous avions attaqués dès le premier jour les Atlantes tout cela ne serait jamais arrivé, et puis c’est votre faute aussi….
Dragunov prit gentiment la tête de Timothée, lui sourit, puis la fracassa contre un mur. Elle répondit :
- Ce n’est pas ma faute, tu sais, je ne sais même pas pourquoi on est là donc bon avant de jeter la faute sur quelqu’un réfléchit un peu. Par contre je tiens à te rappeler que si tu me fais chier je te refracasse la tête contre le mur. De manière purement amicale bien sûr !
Une voix extérieur se fît entendre:
- Vous êtes à peine arrivés que vous vous chamaillez déjà, hahahaha, de vrais sauvages ces racinites.
C’était l’inquisitrice qui était derrière le champs de force les observants.
- Bien il est temps de vous dire pourquoi vous êtes là tous les deux. La Grande Prêtresse a ordonnée votre arrestation en vue de vous faire comparaître devant la Tribune Impériale pour crime de lèse majesté. Des questions ou vos cerveaux sous évolués ont compris tous les mots dans ma phrase?
Sélène s’approcha gentiment de Timothée, et lui donna un coup dans les parties pour se défouler, puis reprit :
- D’accord, j’ai compris. Par contre, je souhaiterais disposer de votre code pénal afin de me préparer en tant qu’avocate de moi-même ahah ! Cela me paraît être une demande légitime au vu de ma situation, surtout que vous enlevez de force un chef d’état. Aussi, cela ne vous concerne pas directement probablement, mais KIDA TU RAMENES TON CUL ILLICO ET TU M’EXPLIQUES. Voilà voilà, vous pouvez rajouter ça à la liste des accusations si vous voulez ahah !
L’inquisitrice riat et dit:
- Hahaha, bien sur que je vous fait parvenir nos lois traduites dans votre langue barbare. Sachez que si vous arrivez à convaincre la Tribune de votre innocence vous vous innocentez tous les deux. -L’inquisitrice commença à partir- Ho j’allais oublier, la Divine Impératrice ne viendra pas, elle n’a pas voix au chapitre ici. Ce sont les lois Divines qui régissent notre société y compris la vie de l’Impératrice. Quelle ironie quand on sait que c’est la Divine Impératrice qui a elle-même mise en place cette loi. Hahahaha, on se revoit plus tard, ciao.
Sélène éclata de rire, tout en regardant Timothée se rouler par terre de douleur et dit :
- Allons bon Timothée, on va bien s’entendre non ? En plus nous allons rester ensemble trois mois quelle chance ! Enfin, sauf si tu meurs en chemin ahah ! Bon plus sérieusement, as-tu des arguments déjà prêts pour éviter qu’on se fasse découper, ou tu veux continuer de pleurer pour ta stérilité récemment acquise ?
Le jeune homme se releva péniblement, les yeux encore emplis de larmes et dit à Dragunov:
- Quoi? Mais c’est pas possible, ils n’ont pas le droit de faire ça. Je suis certain que des soldats sont déjà en route pour nous secourir. Il faut, il faut juste patienter. Oui c’est ça.
- Des soldats ? Mais tu es vraiment un débile profond ma parole. Nos soldats ont appris à voler dans le vide intersidéral entre temps ? Non ? Bah tu as ta réponse, allez reconcentre toi. Au pire, on est juste en train de passer nos derniers moments ensemble, et tu vois même si ça me file la gerbe, je perds pas le nord !
- En tout cas, Dragunov, si on sort vivants de ça j’espère que vous prendrez enfin des mesures exemplaires contre ces maudits atlantes!
- Non du moins pas directement, mais j’envisage de plus en plus l’application de la procédure 43-C afin de pouvoir contrebalancer le pouvoir du Cristal. Après, il me faudra votre vote pour que le TDS me laisse tranquille, alors ça vous dit de conclure une alliance de circonstance ?
- Vous croyez réellement que nos armes sont efficaces contre eux? Ne soyez pas stupide Dragunov, s’ils ont réellement un empire galactique nous ne sommes rien et au pire ils nous exterminent. En dehors de ça, s’allier ensemble me semble la solution la plus sage.
- Mon cher Timothée, un empire galactique c’est beau, mais leur cristal vital, lui est sur Anathas. Il suffirait juste de le stopper, même quelques secondes, et pouf, plus d’empire galactique. Et même si une seule procédure 43-C ne suffira probablement pas, en utiliser plus serait viable. Même si dangereux pour moi et pour l’Arbre, mais nous n’aurions rien à perdre ahah !
- Mais vous risquez de perdre Kida?
- Vous savez, même si je l’aime, son empire est mal foutu, et je suis prête à prendre le risque pour forcer une remise à zéro. Que le pouvoir revienne enfin à l’Impératrice et pas à de vulgaires psychopathes fanatiques.
Plusieurs longues heures passèrent, quand soudain la lumière de la cellule passant du blanc aveuglant au bleu sombre. Deux soldats armés se présentèrent devant le champs de force, l’un d’eux s’adressa à Dragunov et Timothée:
- Mettez vous au fond de la cellule, face au mur et main sur la tête.
Sélène regarda les hommes armés, et dit sur un ton humouristiques :
- Hmm, laissez moi réfléchir, soit j’obéis et rien ne se passe, c’est donc chiant, soit je vous prends vos armes et vous tire dessus ce qui est plus drôle ! -Dragunov s’approchant rapidement des armes des gardes-
Les deux gardes regardèrent Dragunov se manger le champs de force en pleine face puis l’un d’eux sortit de sa veste une sorte de télécommande, il appuya sur un bouton. Aussitôt, une violente décharge électrique assoma les deux prisonniers.
Timothée tomba dans les vapes et Dragunov resta prostrée au sol gémissant de douleur.
Tandis que l’un des gardes mettait en joue les prisonniers, le second entra dans la cellule et déposa un plateau avec de la nourriture dedans. Le garde sortit et le champs de force fût réactivé puis les soldats s’en allèrent.
Sélène vexée, hurla :
- C’est tout bande de tafioles ! Ramenez vous sans votre truc que je vous marave la face la tronche à coup de babouches ! Timothée, lève toi bon dieu, que t’es fragile !
Timothée en gémissant de douleur et se tenant la tête dit à Dragunov:
- Bordel mais c’est quoi votre problème Dragunov? Si vous aviez fait ce qu’ils avaient demandé on aurait pas eu se genre de soucis. Foutre la merde c’est vraiment une seconde nature chez vous.
Il se releva avec difficulté et s’approcha de la table sur laquelle était posé le plateau et vit avec horreur de la viande, à côté de la viande des légumes baignants dans une sorte de sauce, la seule chose familière pour lui était le pichet d’eau posé à côté des deux assiettes et des couverts faits dans une étrange matière.
Sélène voyant son étonnement lui adressa ces mots :
- Timothée, me dit pas que tu savais pas que la viande était comestible, par pitié. Et dis-moi que ces couverts ne te surprennent pas trop, sinon je sens que ce voyage va être très long. Allez regarde, tu vois tu as des dents, et pour manger une viande il faut les utiliser, c’est pas que décoratif !
- Dragunov, vous êtes la Caparmate, vous savez très bien que la majorité, pour ne pas dire tous, des racinites ne mangent pas de viande c’est contre nature. Mais si vous en avez envie allez y je vous laisse ma part.
Timothée alla se réfugier dans sa couchette.
- Tu sais que tu vas mourir si tu manges pas, non pas que ça me dérange, mais si j’ai plus mon punching-ball je vais m’ennuyer moi !
- Fermez là Dragunov!
Dragunov se rapprocha de Timothée, prit sa tête et la fracassa contre le mur pour la deuxième fois en moins de 24h. Elle dit :
- T’es irrécupérable toi, au fait maintenant c’est votre gracieuse excellence pour toi, sinon je te brise le bras ahah !
- Vous êtes aussi gracieuse qu’une boite de thon.
Dragunov alla pour exécuter sa menace quand la voix de l’Inquisitrice se fît entendre.
- Hé bien jeune homme votre mère ne vous a-t-elle pas appris à parler correctement à une lady? Hé bien j’attends, que se passe-t-il ici? Dragunov une explication peut-être?
Dragunov prit le bras de Timothée et répondit à l’inquisitrice :
- Eh bien vous allez rire, mais il veut pas manger votre plat car il y a de la viande, du coup je le dresse, en somme, je vous facilite la vie ahah ! D’ailleurs, une fois notre conversation finie, je lui brise le bras, vu qu’il m’insulte et refuse de m’appeler comme il se doit.
L’inquisitrice exaspérée dit:
- Pour l’amour de la Divine Impératrice cessez vos enfantillages, si monsieur ne veut pas manger de viande d’origine animale, nous pouvons lui couper un bras et le lui préparer à sa convenance, je suis sûre que cela n’est pas contre nature. Quand à vous, Dragunov, vous devriez apprendre à maîtriser vos humeurs ne serait-ce que pour votre confort de voyage, sinon je prendrais un malin plaisir à ralentir ce vaisseau pour vous laisser tout le temps nécessaire pour vous entendre.
Sélène reprit :
- Alors, t’as entendu Timothée, mange la viande ou mange ton bras, c’est toi qui voit ! Enfin Inquisitrice, sachez que l’on s’entend à la perfection, je pourrais rester avec toute une éternité à vrai dire, je trouve son côté soumis très attachant personnellement ahah !
- Qui sait votre souhait sera peut-être exaucé? Bon trêve de bavardage, si je suis venue jusque dans les bas fonds de ce vaisseau pour devoir m’infliger le spectacle pitoyable de voir vos faces de demeurés c’est simplement pour vous donner ceci, -elle fît traverser au champ de force, une pile monstrueuse de documents- il s’agit de l’intégralité du code Atlante, je vous souhaite un bon appétit et une agréable lecture. Au revoir.
- Merci de vous être déplacée pour ça inquisitrice -un crac se fit entendre, visiblement le bras de Timothée- je lirai ce code avec attention. Au revoir.
Timothée gémissant de douleur lâcha un:
- Vous êtes cinglée Dragunov.
- Mauvaise réponse, la réponse attendue était merci de m’avoir punie maîtresse -re fracassa la tête de Timothée-.
- Vous pouvez toujours rêver, espèce de folle dégénérée.
Dragunov continua à lui fracasser la tête jusqu’à ce qu’il tombe inconscient, et alla cherche le code afin de commencer à le lire à la suite de son délicieux repas. Elle fût, néanmoins, interrompue dans sa lecture quand une sonnerie retentie dans son quartier. Quatres hommes armés arrivèrent alors devant la cellule, sans dire un mot, ils électrocutèrent Dragunov, qui lâcha un “oh oui”, entrèrent dans sa cellule,en profitèrent pour passer à tabac la Caparmate, une fois bien amochée, les soldats sortirent et emmenèrent Timothée avec eux sur un brancard.
Dragunov resta pendant plusieurs heures à demi consciente sur le sol de la cellule avant de pouvoir se relever. Elle se releva difficilement, comme si le poids des siècles recommençait à se faire sentir, elle se traîna sur sa couchette et s'endormit. Elle essaya tout de même d’utiliser le peu d’énergie de l’Arbre à disposition pour se soigner, ce qui marcha à moitié, vu que cela n’a fait qu’accélerer sa guérison naturelle.
Pendant plusieurs jours elle comatta, se remettant difficilement de ces blessures. Quand elle se réveilla, elle vit le visage de Timothée penché sur elle passant un gant humide sur son visage. Il lui dit calmement:
- Doucement, prenez votre temps, ils vous ont pas ratés les salauds.
Sélène visiblement surprise, lui dit :
- Je ne pensais pas que tu m’aiderais … Bon je me limiterai au coup de poing à l’avenir bravo pour ta promotion ah .. ah … ah. Sinon, effectivement, ils m’ont bien tabassés, faut juste un peu de temps encore … -se rendormant-
Dragunov se réveilla encore vaseuse, dérangée par des éclats de voix à côté d’elle, elle entrouvrit les yeux et aperçu l’inquisitrice donner des ordres à ses soldats en désignant Timothée sur doigt. Les soldats entrèrent dans la cellule, l’un d’eux sortit une matraque et asséna un coup violent dans les jambes du représentant, puis il fut traîné hors de la cellule. L’endroit redevint calme.
Sélène demanda :
- Qu’est-ce que vous faites à mon serviteur encore ?
L’inquisitrice l’ayant entendu se retourna et dit d’un ton sarcastique:
- Nous vous en faite pas pour lui, nous prenons soins de nos invités, reposez vous Dragunov, vous en aurez besoin.
Puis l’inquisitrice disparut.
Quelques jours ou heures, Dragunov ayant perdue toute notion du temps, se réveilla enfin de sa période de convalescence elle vit Timothée assis dans le fond de la pièce à lire les documents juridiques fournis par l’inquisitrice.
Sélène demanda alors à Timothée :
- Ah tu es de retour, qu’est-ce qu’ils t’ont fait quand ils t’ont emmenés la dernière fois ? Même si je ne sais plus quand c’était …
- Dragunov vous êtes réveillée! Parfait tenez je vous ai gardé de quoi boire et manger -lui tendant un pichet d’eau et une sorte de gros morceau de pain vert- en fait ils m’ont emmenés une dizaine de fois et je préfère ne pas en parler. Vous avez mis du temps à vous remettre ça fait environ six jours que vous récupérez. Comment vous vous sentez?
-Eh bien je me sens encore un peu fatiguée, mais au moins je n’ai plus mal, ils pourraient retirer leurs armures en métal quand ils tapent, c’est pas sérieux tout ça. Merci d’avoir gardé des choses de côté -mangea avec un peu de dégoût le pain vert-. Bon, alors qu’as-tu lu jusque là ? Et surtout y as-tu compris quelque chose ?
- Prenez votre temps, j’ai appris que notre voyage allait durer plus longtemps, le vaisseau devant faire une détour je ne sais pas pourquoi ni combien de temps cela va prendre, mais au vu du ton des gardes ça semble être long. Pour ce qui est des documents pour l’instant je ne comprend pas grand chose, c’est un gloubiboulga de lois vieilles de plusieurs millénaires et de texte très récent. Par contre, la chose intéressante que j’ai appris c’est ce que nous risquons en cas de condamnation, il parle d’un rituel de pacification, je ne sais pas trop ce que c’est mais en tout cas ça ne parle pas de peine de mort, c’est déjà un bon point.
- Honnêtement, je sais pas ce que c’est, mais je pense que je préfère la peine de mort, imagine une seconde la facilité avec laquelle ils peuvent nous torturer des millénaires … Et ni toi ni moi on veut ça. Allez je commence à le lire, en tant qu’avocate, je devrais comprendre un peu les tenants et les aboutissants de ces textes ahah !
- Vous n’avez pas tort oui, -après un silence Timothée reprit- J’ai bien réfléchis à tout ce qu’on s’est dit pas seulement depuis notre arrivée ici mais même avant. Et je voudrais vous présenter mes excuses, j’ai été injuste envers vous quand j’ai mis votre parole en doute à cause de la relation que vous entretenez avec l’Impératrice, j’ai également été injuste envers elle. C’est vrais que je n’ai pas pris le temps de m'intéresser à eux, pour ça et d’autres choses je vous demande pardon.
- Excuses acceptées, moi-même je n’aurais pas dû vous insulter à l’issue de vos interventions, et peut-être un peu moins vous frapper … Bon passons et reconcentrons-nous sur comment sauver nos culs !
- A vos ordres votre excellence!
La voix de l’inquisitrice extirpa les deux prisonniers de leur lecture, plongée dans l’ombre seuls ses deux yeux brillants reflétaient un éclat quasi démoniaque, elle dit:
- Hé bien, hé bien, voyez-vous ça? Hahahaha, les deux compères qui enterrent la hache de guerre, comme c’est touchant. Hahahahaha.
Sélène prit un ton ironique et dit :
- N’est-ce pas, nous sommes meilleurs amis pour la vie maintenant ! Plus sérieusement, même si on ne s’apprécie pas forcément encore bien, nos relations s’améliorent c’est déjà ça. Ah aussi, vous pourriez dire à vos gars de retirer leurs gants quand ils viennent me tabasser à 5 sur moi, j’ai failli crever dans l’histoire. Bon après la douleur ne me gêne pas, mais là c’est quand même un peu trop ! Il serait dommage que l’un de nous meurt, même si vous pouvez nous ressusciter !
L’inquisitrice s’avança et dit:
- Hahaha, je pourrais en effet demander à mes soldats d’être moins… brutaux dans leurs gestes mais ce serait moins amusant, et puis ne dit-on pas qui aime bien, châtie bien? Hahahaha
- Alors je me demande bien quand nous allons coucher ensemble, car là vous m’aimez tout autant voire plus que Kida ahahah !
- Ne soyez pas ridicule, je préfère brûler vive que de courtiser une vulgaire paysanne comme vous. Mais sachez simplement que je prends soin de mes invités, n’est-ce pas Timothée -lui adressant un sourir pleins de sadisme- hahahahaha.
Le jeune baissa les yeux et l’expression de son visage laissait clairement voir de la peur.
- Je suis impatiente de voir les méthodes atlantes pour la prise en charge des invités, après, si vous le souhaitez, je vous ferai découvrir les miennes, vous verrez 934 ans de bouteille ça se sent ahah ! Au fait Timothée, faudra vraiment que tu me racontes en détails ce qu’elle t’a fait, vu que tu as l’air quelque peu troublé.
L’inquisitrice s’en alla et pendant qu’elle s’éloignait, elle lança à Dragunov:
- Je suis sûr que nos méthodes vont vous dépayser hahahahahaha….
Timothée encore choqué dit d’une petite voix:
- Sélène promettez moi de ne pas tenter quoique ce soit de stupide, je vous garantis que même les pires cauchemars et les pires tortures ne sont rien comparés à ce qu’ils font.
- Si tu veux je peux te le promettre, mais du coup je me demande, ils t’ont demandé des infos, si oui lesquelles ? Car ça m’inquiète que des secrets d’états soient dans les mains de ces scélérats.
- Je ne sais pas, c’est confus dans ma tête, je me souviens qu’ils m’ont emmené dans un salle, au centre il y avait une sorte de chaise sur laquelle ils m’ont fait m’asseoir. Je revois l’Inquisitrice prendre quelque chose de pointu de me l’enfoncer dans l’oeil puis plus rien. C’est le noir, j’ai quelques flashs qui me revienne mais ça n’a aucun sens.
- Hmm, un produit qui bloque la mise en mémoire … C’est original, généralement on veut plus que les victimes se rappellent parfaitement de la torture, c’est plus gratifiant. Il faut absolument découvrir ce qui se passe durant cette torture, sinon, le Grand-Domaine pourrait avoir des problèmes majeurs …
Quelques semaines plus tard encore, les gardes armés rentrèrent dans la cellule, et l’inquisitrice entra elle aussi dans la cellule. Sélène demanda alors :
- Mais que faites-vous donc ici ?
L’inquisitrice arbora un sourire narquois, et sur un ton sarcastique :
- Vous vouliez tester mon hospitalité, c’est l’heure ! Alors deux possibilités, soit vous nous suivez, soit on vous brise les jambes.
Sélène, amusée, se leva, s’approcha de l’inquisitrice et lui donna un coup de poing.
Le coup fut si violent que les phalanges de Dragunov se brisèrent, mais l’inquisitrice ne broncha quasiment pas. L’inquisitrice utilisa ces dons pour faire valser la Caparmate en lui faisant faire des allers retours entre le sol et le plafond de manière violente. Timothée tenta de s’interposer mais les gardes le passèrent à tabac.
Puis l’inquisitrice relâcha son étaux sur Dragunov la laissant retomber comme un pantin désarticulé, puis elle sortit de la cellule avec les gardes qui laissèrent les deux corps tuméfiés, brisés et informes sur le sol froid.
Sélène se leva tant bien que mal et alla s’allonger sur sa couchette, afin de se reposer dans de meilleures conditions. Même si elle voulait bien aider Timothée à aller sur sa couchette, elle n’en avait pas la force et le laissa donc sur le sol.
Le jeune homme complètement KO, eu juste la force de dire à Dragunov:
- Quand vous m’aviez promis de ne pas faire quelque chose de stupide, c’est exactement à ce genre de chose que je faisais référence….
- Ce n’était pas stupide, mais téméraire, soyez précis dans vos promesses ah …. ah ……. ah.
- Vous savez plus vous serez téméraires, pire seront nos conditions de vie ici.
- Vous savez moins je serai téméraires ici, et plus ils auront l’impression de nous contrôler et ce sera au contraire pire, on sera leur marionnette. Voyez-vous, c’est plus gênant que de se faire péter la gueule. Surtout qu’après on a la paix.
- Je sais que je vous l’ai déjà dit, mais vous êtes cinglée des fois…
Puis Timothée sombra dans le coma.
- Quelqu’un qui tombe inconscient tout le temps n’a pas à me parler de mon côté cinglé, sinon je te pètes la gueule un peu plus ah .. ah .. ah -sombrant dans l’inconscience peu à peu-
Quand Dragunov se réveilla, son corps lui faisait atrocement souffrir mais elle fut inquiétée par autre chose. En effet, elle ne se trouvait pas dans sa cellule, elle était attachée à une sorte de chaise, plongée dans une salle sombre.
Sélène comprit alors qu’elle allait passer un bon moment, et s’exclama :
- OHE les tortionnaires, je suis réveillée ! Allez je veux m’amuser moi ! Ramenez votre fraise !
Mais personne ne vint, alors agacée Sélène regarda bien ses attaches. Elles étaient en métal, et n’avait pas de point d’ouverture visibles, donc impossible à crocheter. En outre, malgré ses efforts constants, impossible pour elle de les détacher par la force. C’est ainsi que Mme Dragunov, attendit, patiemment, dans cette salle sombre, que quelqu’un vienne…
Les minutes se mêlèrent aux heures, les heures aux jours, la faim et la soif commençait à travailler Dragunov de l’intérieur. Elle commença à avoir des hallucinations, d’abord se fût des voix lointaines presque inaudibles. Puis à un moment elle aperçut du coin de son œil une forme qui l’observait, elle n’était pas très rassuré, en essayant de ne pas laisser transparaître son angoisse elle lança un:
- Qui est là ?
Une voix d’homme lui répondit:
- Comme ça tu sais ce que ça fait, vieille folle.
Elle reconnut instantanément la voix. C’est Il s’agissait de la voix d’Enrique Edson, son commandante. Sélène répondit alors :
- Commandante, mais que faites-vous ici dans un vaisseau atlante ? Vous aviez injurié leur Impératrice comme jamais vous aussi, comment êtes-vous ici et surtout en tant que tortionnaire ? Je … Attends, c’est pas possible … si ? … Non, non imposs… quoique -hésitant longtemps-
Enrique ria, Sélène pouvait sentir l’odeur de son aftershave au bois de santal qui lui prenait à la gorge ainsi que l’odeur de ses cigares.
- Ha Dragunov, tu fais moins ta maligne maintenant que les rôles sont inversés.
Sélène, troublée, tenta de se raisonner :
- Vous ne me briserez pas, il en faut plus pour me briser, vous êtes faible. Je suis sûr que vous n’êtes même pas capable de me faire vraiment mal. Et si c’est juste pour parler, autant que tu rentres dans ta cabine, de toute façon dès qu’on repose le pied au sol, je te fais renfermer !
Edson eut un fou rire, un rire rugueux et gras, puis il dit:
- Tu veux vraiment me tester, hein? Mais tu ignores de quoi est capable le GRAND EL COMMANDANTE!
Sélène sentit la main calleuse d’Edson tenir sa main fermement, ensuite elle sentit une pression sur son ongle et ensuite un choc douleureux, tel un éclair qui partirait de l'extrémité de son doigt et qui remonte le long de son bras pour finir par irradier dans tout son corps. Sélène commença alors à répéter inlassablement la même phrase :
- Je n’ai pas mal, je suis calme, nul ne peut me blesser, nul ne peut me contraindre.
Cette phrase, elle la répéta même lorsque Edson changeait de main, s’occupait des deux en même temps, et cela semblait l’agacer au plus haut point.
Enrique contemplant les ongles arrachés qu’il avait disposés dans un récipient dit d’un air calme:
- Dis moi, Sélène, tu repenses au bon vieux temps, celui où j’étais le roi du monde? Tu aurais pu être ma reine mais au lieu de ça, tu as préférée me trahir pour t’acoquiner avec ces vils serpents de Makaliens. Dis moi Sélène, tu penses que c’était juste? Pourquoi tu ne m’a pas suivi jusqu’au bout? Tu veux faire la fière, la femme imbattable, mais je sais que tu es fragile au fond. Tu as besoin de te sentir en sécurité, tu as besoin de maîtriser tout ce qui t’entoure.
Edson sorti d’un tiroir deux pinces reliés à des câbles et il lâcha:
- Je vais être celui qui t’apporte la lumière dans toute cette obscurité.
Sélène éclata de rire, et s’adressa à M. Edson :
- Ahahah, mais je suis une femme imbattable chien, jamais mon commandante ne dirait ça. Je deviens folle ahahahah ! Mais non, je dois me recentrer, attends quelle heure il est ? Ah oui c’est vrai l’heure des interrogatoires, du coup, c’est moi qui pose les questions ou c’est moi qui dois pas répondre. Je ne sais plus, je suppose que si je dis les questions dans ma tête sans parler, c’est un bon compromis hein ? ahahah Je suis fatiguée, ou pas je ne sais plus ! Bon on commence, enfin commence, je suis déjà un peu amochée donc bon ahaha ! Je vais te démonter la gueule dans tous les cas, ah c’est vrai je suis attachée, j’oubliais…
Edson appliqua les pinces électriques sur Dragunov, puis il dit:
- Je vais te poser des questions, et si tu me dis ce que je veux savoir tu n’auras pas de décharge, refuse ou mens moi et je t’envoie la fée électricité dans tout ton petit corps.
Première question, comment est ce que j’ai été ressuscité?
- La fée électricité, si même mes hallucinations deviennent folles, je vais pas m’en sortir moi ahaha.
- Mauvaise réponse!
Edson envoya une violente décharge qui fît raidir tout le corps de Sélène de douleur.
- Je répète ma question, comment j’ai été ressuscité?
- Eh bien, une cigogne nous as déposé un bébé quand on était plus jeunes, et pof un Enrique -éclatant de rire- C’est beau la nature hein ?!
- Encore une mauvaise réponse Dragunov.
Il envoya une nouvelle décharge encore plus forte et plus longue.
- Comment ai-je été ressuscité?
- Ah ça fait du bien, la prochaine fois double la sauce, sinon je risque pas de te répondre, si tu savais comme cette méthode est dépassée ahahah
- Mauvaise réponse.
Une nouvelle décharge accabla de douleur le corps de la Caparmate.
- Comment ai-je été ressuscité?
- J’entends le loup le renard et la belette …
- Mauvaise réponse.
La décharge suivante assomma Dragunov, de la sueur ruisselait sur tout son corps endolori.
Elle sombra dans les vapes, elle ne pouvait savoir combien de temps, une minute, une heure impossible à dire. Quand elle émergea Edson avait disparu et ses mains étaient intactes.
Elle s’exclama :
- AH ! Je le savais, je ne suis pas folle ahahaha Quoique, un peu quand même. Finalement Timothée avait raison. Bon c’est quand que l’autre tortionnaire, le vrai cette fois arrive !
Elle entendit derrière, le bruit de talons hauts.
Elle s’exclama de nouveau :
- Ah c’est l’heure de se faire torturer par miss la prostipute, reine des inquisitrices de médeux, suprême impératrice de Fistiland ! Ohlalala j’ai peur ! Allez on accélère le mouvement, je n’ai pas toute la journée devant moi pour la torture !
Une voix de femme, reconnaissable entre toute résonna derrière elle.
- Sélène est-ce que tu vas bien?
Elle eut pour réflexe de vouloir se retourner et se trouva dans une maison que la Caparmate reconnaissait bien. La voix derrière elle répéta:
- Sélène? Ca va?
Sélène remarqua quelle n’était plus entravée. Elle se retourna alors et vit Kida, elle eut envie de la prendre dans les bras mais s’arrêta et dit :
- Non, non, non ,non et non, tu n’es pas réelle, tu es une hallucination comme El Commandante, c’est pas possible !
Kida visiblement surprise par les propos de Sélène lui dit:
- M’enfin Sélène qu’est ce qui te prends? Si c’est une blague ce n’est pas drôle, tu vas faire peur à notre fille! Et puis c’est qui se El Commandante? Dis moi, tu n’as pas recommencer à boire en cachette?
- Notre fille ? AH non faut pas que je me laisse embobiner, tu sais pertinemment qui est El Commandante, impossible que tu sois la vraie Kida ! Je veux dormir, laisse moi tranquille et laisse moi dormir saloperie !
Kida au bord des larmes lui lança:
- Ouai va te coucher si c’est pour être comme ça.
Kida pris la petite fille qui était entrain de faire du dessin dans le salon et sortie de la maison. Laissant seule Sélène.
Sélène se mit alors à pleurer, même si elle savait cela pertinemment faux, et souhaitait réellement que ça arrive. Mais au moins, elle avait la paix, et allait enfin pouvoir se reposer loin de ses démons intérieurs. Ainsi, elle se dirigea dans la chambre à coucher et s’allongea sur le lit, et s’endormit peu à peu.
Sélène se réveilla, elle ignorait combien de temps elle avait dormi, mais quand elle se leva elle était toujours dans cette chambre à coucher, elle regarda autour d’elle et vit des photos accrochées sur les murs. Il y avait là des photos d’elle et de Kida, de son mariage et d’elle, de Kida et de leur fille.
Elle fut extirpée de ces pensées par une odeur agréable de confiture, de pain chaud et de café. Elle pouvait entendre le rire de Kida et celui de sa petite fille.
Sélène commençait à paniquer, elle doutait sur l’hallucination, et surtout son ventre vide lui disait d’aller promptement les rejoindre et manger. Ce qu’elle fit de ce pas, elle entra dans le salon, s’asseya à table, et commença son repas sans adresser un regard ou un mot à quiconque se trouvant dans la pièce.
La petite fille s’approcha et lui dis:
- Coucou mamoune, tiens j’ai fais ce coloriage pour toi.
Sélène prit le coloriage, très classique au demeurant, montrant la maison en arrière plan, et avec de dessiné “mamoune”, “mama” et enfin “Adélaïde”. Sélène fût émue par ce dessin et dis :
- Merci Adélaïde, il est très beau ton dessin. Je vais le garder précieusement !
Kida posa une cafetière pleine de café bien chaud sur la table, dit:
- Ma puce tu veux bien nous laisser, je dois parler à “Mamoune”.
La petite fille s’éloigna, Kida regarda avec un air inquiet Sélène, elle posa sa main sur la sienne et dit:
- Est-ce que tout va bien mon coeur?
Sélène répondit :
- Mise à part le fait que je ne sache pas si je suis dans la réalité ou dans une hallucination très importante, ça va. Le principal problème est que je n’ai aucun souvenir qui me dit que tout ça est vrai, je suis donc paumée ahahah …
Kida eu un air peinée, puis elle reprit:
- On savait que ça arriverait, il va falloir en parler au docteur Ingrid, tu te souviens du docteur Ingrid, c’est elle qui avait enfin trouvée se que a? Peut-être est-ce le coup d’une rechute?
Rassure moi mon amour, tu prends bien ton traitement?
- Un traitement ? De quoi tu me parles ? Le docteur Ingrid ? Bon c’est officiel, soit je ne sais plus qui je suis et c’est très grave, soit j’hallucine …
Kida changea de place pour prendre Sélène dans ses bras et elle dit:
- Tu te souviens tu as fait une terrible chute depuis ton dirigeable, tu as ensuite eu des troubles de la mémoire, puis t’as commencé à raconter des choses délirantes sur un Supervisionnat, un Ordre des Templiers et je sais plus quoi encore. C’est là qu’on a rencontrée le docteur Ingrid qui avait diagnostiquée une amnésie rétroactive partielle, elle expliquait qu’après ta chute et les trous de mémoire que ça a engendré, ton cerveau pour faire un tout cohérent pour lui c’est mis à t’inventer des histoires et a fait naître chez toi un syndrome paranoïaque.
- Ok, donc c’est officiel j’hallucine, le Supervisionnat existe, l’Ordre des templiers existe, la Ligue du Parana aussi, et même le Grand-Domaine Racinite alors que dis-tu de ça ? Tu sais si c’était réellement un problème de mémoire, je n’aurais pas inventé une histoire aussi farfelue. Donc même si ça me fait plaisir de te voir, tu n’est qu’une création de mon esprit ahahah, c’est triste …
Kida serra Sélène encore plus fort dans ses bras, mais elle n’arrivait pas à contenir ses larmes. En sanglotant elle lui dit:
- Tu sais, c’est pas facile pour moi, tu es restée trois mois et demi dans le coma, j’étais seule avec notre fille. Je me suis battue pour toi et entendre ça de la personne qu’on aime ça fait mal. Ça fait mal et c’est injuste.
Soudain une petite voix ce fît entendre:
- Pourquoi tu pleure « mama »?
Sélène prit les choses en main et répondit à Adélaïde :
- Ne t’inquiètes pas, mama pleure parce qu’elle a vu ton dessin et qu’elle l’a trouvé tellement beau que cela lui a donné des larmes de joie ! Allez retourne jouer, on doit encore terminer notre conversation entre adultes -lui caressant la tête-.
Kida était allé se réfugier à la fenêtre pour cacher ses larmes à sa fille. Puis elle prit le téléphone, composa un numéro et dit:
- Bonjour c’est Kida Dragunov, j’appelle au sujet de Sélène je crois qu’il faut la prendre en consultation d’urgence….. oui….. d’accord….. oui ça a recommencée docteur….. hm hm….. entendue merci docteur.
Sélène s’approcha de Kida et lui dit :
- Je veux pas la voir, je veux juste rester avec toi jusqu’à la fin de l’hallucination, c’est tout … S’il te plaît … Et puis, je suis sûre que tu peux tout arranger toi-même, en tant qu’impératrice atlante ahah !
Kida encore au bord des larmes, leva la main et dit:
- S’il te plaît arrête, je ne suis pas impératrice tu le sais, je n’ai pas de dons ou je ne sais quoi encore. Nous irons ensemble voir la doctoresse Ingrid, s’il te plais penses à notre fille. Est-ce que tu oserais lui dire que c’est une hallucination elle aussi?
Sélène répondit :
- Si tu veux, je peux arrêter de dire que tout cela n’est qu’une hallucination, même si je n’en pense pas moins. Mais clairement, je ne fais pas confiance à cette doctoresse et c’est pour moi un perte de temps que d’y aller.
Kida reprit:
- Et moi tu ne me fais pas confiance? -Elle se dirigea vers un buffet, ouvrit un tiroir et en sortit une pile de dossier- Tout est là Sélène, ton dossier médical depuis ta chute. Les examens biologiques, psychologiques. On a pas fait tout ça pour rien, j’en ai trop souffert pendant plusieurs long mois d’angoisse à me demander si tu allais te réveiller, si tu allais me reconnaitre, si t’allais reconnaître notre enfant. Tout ça c’est du réel, j’étais là à tes côtés j’ai tout vécus pour toi et à travers toi.
- Comprends bien que je ne peux pas concevoir que l’on est pas dans une hallucination. Dans un raisonnement, si les prémisses sont faux alors tout ce qui en découle est faux. Bah là c’est pareil, je pense que le monde est une hallucination, alors toute preuve apportée n’est que fantaisie, et donc tout est faux. Mais cela ne change en rien mon amour envers toi. Clairement, donc, juste restons ici aujourd’hui, je ne veux vraiment pas partir dans un monde d’hallucinations où je ne connais rien. Ici j’ai au moins des repères …
Kida à bout émotionnellement, leva les mains au ciel et dit:
- J’ai besoin de prendre l’air s’en est trop pour moi, occupe toi de la petite en attendant même si c’est qu’une hallucination pour toi. Soit prête dans une heure on part à la clinique. Fin de la conversation.
Kida sortit en prenant sa veste et en claquant la porte. Sélène, dépitée et décontenancée, s’asseya juste sur une chaise, regardant dans le vide, et essayant de comprendre ce qui se passe. Le temps passait, et elle restait là sur sa chaise.
Elle sortie de ses pensées quand elle entendit de petits bruit à côté d’elle. C’était Adélaïde dans son pyjama panda, la petite fille regardait fixement sa mère puis elle dit:
- Pourquoi t’es triste?
Sélène ria un petit peu et répondit :
- Je ne suis pas triste, juste très pensive chérie. Ne t’inquiètes pas. Tu as besoin de quelque chose ?
Adélaïde fronça les sourcils comme si elle était dans une réflexion très intense et puis elle dit:
- Heu, tu sais je veux pas que tu redeviennes comme avant moi. Parce que, avant, tu disais que j’étais morte et moi, bah, je veux pas mourir.
-Ne t’inquiètes pas chérie, je vais bien et tu es pleine de vie, il va en falloir beaucoup du temps avant que tu meurs. Vraiment, la vie est devant toi ahah. Et je ne redevient pas comme avant, promis !
Adélaïde s’approcha de Sélène, posa sa tête sur ces genoux et dit:
- Mais, mais, mais moi je veux pas que tu meurs et “mama” non plus je veux qu’on soit ensemble pour toujours.
Sélène tout en caressant la tête d’Adélaïde, reprit :
- Ne t’inquiètes pas, on vivra très longtemps ensemble ! Après toujours est un bien grand mot, vu que toute bonne chose a une fin, mais tu sais, il nous reste des dizaines et des dizaines d’années ensemble ! Allez assis toi sur mes genoux pour un gros câlin !
Adélaïde ria et se blottit contre Sélène. Dragunov pouvait sentir sa peau chaude et le parfum du shampoing à la fraise dans les cheveux de sa fille. Elle eut les larmes aux yeux et ne souhaitait qu’une chose que cet instant dure une éternité.
Adélaïde releva la tête, fît un joli sourire mettant en avant la dent en moins qui était tombée.
Sélène dit donc :
- Ah elle est enfin tombée ta dent ? J’espère que tu l’as mise sous ton coussin pour que la fée des dents vienne la récupérer ?
Adélaïde le regard plein de malice et pétillant, poussa un petit rire et dit:
- Ho bah oui, et j’espère qu’elle va exaucer mon voeu.
- Quel voeu ma chérie ?
- Bah tu sais, que “mama” soit de nouveau heureuse, depuis ton accident c’est plus pareil.
- Oui je sais, je cause beaucoup de soucis à mama, mais ne t’inquiètes pas je suis sûre qu’elle redeviendra comme avant à un moment ! Et puis si tu l’as souhaité, ça va forcément arriver.
- Mais du coup, faudrait que je perde une autre dent, pour que toi aussi tu ailles mieux.
- Ahahahah, ne t’inquiètes pas ma chérie, je suis sûre qu’une autre dent tombera pour moi, et puis si c’est pas une dent, une étoile filante ou une bougie d’anniversaire feront l’affaire.
Adélaïde se hissa sur les genoux de Sélène avec ces petits chaussons licorne, enlaça le cou de Sélène lui fît un gros bisous claquant et lui dit dans le creux de l'oreille:
- Je t’aime “mamoune”.
- Moi aussi je t’aime ma chérie !
Soudain la porte d’entrée s’ouvrit, ce n’était pas Kida mais une femme plus âgée qui lui ressemblait un peu.
Adélaïde sauta des genoux de Sélène et s’écria:
- Mamiiiiiiiiie!
Sélène regarda la scène, et dit :
- Ah quel plaisir de vous revoir Mamie ! Comment allez-vous en cette belle journée pluvieuse ?
Après avoir fait s’abattre sur la petite Adélaïde une pluie de bisous, elle s’avança vers Sélène et dit:
- Vous? Allons Sélène ça va faire presque 10 ans qu’on se connaît on se tutoie depuis quasiment le premier jour. Viens là que je t’embrasse ma chérie.
Elle prit Sélène dans ses bras et la serra fort, l’odeur du parfum de la belle-mère était insupportable pour Dragunov qui n’attendait que d’être libérée de son emprise pour respirer.
La belle-mère chuchote à Sélène:
- Kida m’a appelée et m’a expliquée la situation, je suis donc venue pour garder la petite le temps pour vous deux d’aller à la clinique et de passer un peu de temps ensemble.
- C’est gentil de votre part, même si je vous avoue que je vais à cette clinique à reculons, je ne lui fait pas confiance. Je compte sur vous pour la petite hallucination ahah !
De nouveau la porte d’entrée s’ouvrit, cette fois c’était Kida. La couleur rougie de ces yeux laissait clairement voir qu’elle avait beaucoup pleuré. Mais elle lança:
- Ha maman tu es là c’est parfait -elle fît un câlin à sa mère puis dit à Sélène- mon coeur on va y aller.
- Euh ça peut attendre une trentaine de minutes ? Je ne me suis pas douchée, j’ai besoin d’aller aux toilettes et je ne suis pas maquillée ahah.
- Heureusement que j’aime partir en avance, t’as dix minutes aller.
- Dix minutes t’es dure ! -Tout en courant vers la salle de bain-
Depuis la salle de bain, Sélène pouvait entendre les échanges entre Kida et sa mère mais paradoxalement elles ne parlaient pas d’elle, mais de tout et de rien. Kida lança:
- Plus que 5 minutes, Sélène!
- T’es sûre ? Mon horloge interne indique plutôt vingt minutes restantes !
Et Kida de lancer.
- ça dépend tu préfères te doucher avec ou sans eau chaude?
Sélène se mit à chanter un air disney connu :
- ~Le froid est pour moi le prix de la liberté ~~
Kida se leva et tourna le robinet de la cuisine et on put entendre Sélène faire une envolée lyrique dans la salle de bain. Elle hurla :
- Mais t’es totalement tarée ! Et après c’est moi la folle !
Kida se mit à rire et de dire:
- Bah quoi je croyais que tout n’était qu’une hallucination?
- T’es au courant que le principe d’une hallucination c’est d’être réelle ! Sinon ça s’appelle un rêve, coupe moi ce robinet sinon je te passe au travers !
Kida riat de plus belle et tourna encore le robinet et dit:
- Viens je t’attends, penses à mettre une serviette je te rappelle qu’il y a ma mère !
Sélène sortir de la salle de bain nue, encore mouillée et coupa le robinet avec une vitesse prodigieuse, avant d’aller sous l’eau, mais malheureusement, la vitesse n’étant pas suffisante, la mère de Kida a frôlé l’arrêt cardiaque en voyant sa belle-fille nue. A croire qu’elle n’avait jamais vue de femme nue !
La belle-mère prit Adélaïde par la main et l’emmena, d’un pas pressé, dans sa chambre. Kida réouvrit le robinet et dit:
- Le temps est écoulé, aller habille toi maintenant.
- JAMAIS, si tu veux me sortir dans cet état ce sera à poil ou t’attends encore vingt minutes vile sorcière coupeuse d’eau chaude !
- C’est toi qui l’a dit.
Elle entra dans la salle de bain, coupa l’eau et mis Sélène sur son épaule et se dirigea vers l’entrée. Elle ouvrit la porte, le vent qui s’y engoufra saisie de froid Sélène qui était nue comme un ver et mouillée. Sélène poussa des petits cris et tenta de se débattre mais en vain. Kida l’installa dans la voiture et lui dit:
- T’a une serviette et des vêtements propres sur la banquette arrière, on y va, heureusement que je te connais et que je suis prévoyante.
Sélène ne voulant pas du tout y aller, commença à sérieusement ennuyer Kida, l’empêchant autant que possible de démarrer tout en disant :
- Mais euh, laisse moi du temps encore, tu veux ma mort à me sortir comme ça par ces températures !
Kida lui souria et lui dit:
- Si j’avais voulue ta mort je me donnerais pas autant de mal. Tu sais quoi, après la consultation on ira où tu veux, on fera ce que tu veux. D’accord mon amour?
- Bon de toute façon j’ai pas le choix, et vu que j’ai pas trop envie de me faire arrêter pour attentat à la pudeur, je vais m’habiller, mais je retiens ! Même si je ne sais pas combien de temps cette hallucination va encore durer !
Kida embrassa tendrement Sélène et mis la voiture en marche. Grâce au GPS Sélène pouvait voir sur la carte où elle se situait et les traits des côtes, la position des rivières, des lacs et des montagnes lui semblait étrangement familière. Elle s’exprima ainsi :
- Attends un peu, on est pas à côté d’Acedia en Asmodae? C’est typiquement le même territoire, en moins pollué certes, mais tout de même !
Kida haussa un sourcil et dit:
- Ace… quoi? Non tu te souviens pas c’était sur cette plage qu’on s’était rapprochées physiquement si tu vois ce que je veux dire. Sinon c’est dans la ville de Decans qu’on à eu notre premier appartement ensemble -elle riat- tu te souviens de l’horrible tapisserie à fleurs moisie sur les murs haha, c’était une ruine et pourtant c’était chez nous haha. Notre premier rendez-vous galant à eu lieu “chez sophiane” le restaurant turc d’Adacie, dès que je t’ai vue, j’ai tout de suite eu le sentiment que je n’aimerais personne d’autre que toi, que je ne désirais personne d’autre que toi et que c’est avec toi que je veux vivre.
Les larmes commençaient à monter aux yeux de Kida, elle posa sa main droite sur celle de Sélène, prit une profonde inspiration et elle reprit:
- On en a vécues des choses, en 10 ans de vie commune, ton ex mari qui est un vrais connard sadique, la perte de ton emploie quand la crise économique à mener à l'effondrement du système et par effet domino celui de ta société de fabrication d’aéronefs, puis tu as eu ton accident et depuis on remonte la pente ensemble. C’est pas toujours facile.
La voiture roulait sous une pluie battante, le ciel était d’un gris presque noir.
Sélène, étant toujours perdue dans les explications insensée de Kida, répondit :
- Je te préviens bouche toi les oreilles si tu veux pas pleurer, mais je n’en ai aucun souvenir. Le seul que j’ai c’est pendant l’Astra, où trois jours durant, l’on s’est beaucoup amusée. C’est tout …
Kida ne dit rien et continua de conduire. Sélène fit de même, respectant le silence imposé par Kida.
Plus les kilomètres défilaient, plus le nombre de bâtiments croisés augmentait. Les deux femmes s’approchaient de la ville, arrivé au sommet d’une côte on pouvait aperçevoir une immense ville moderne avec de hauts buildings qui se dressaient fièrement au centre du paysage. Les panneaux de directions indiquaient, Decans 5 Km.
Sélène voyant le panneau dit :
- Ah la clinique se situe dans cette ville de Decans, ou c’est juste une coïncidence de passer devant un panneau indiquant cette ville ?
Kida répondit:
- La clinique n’a pas changée de place depuis toujours donc oui...
- Roh dis-le si mes questions t’ennuient, si tu veux je me tais jusqu’à ce qu’on arrive …
- Tes questions ne m’ennuie pas, c’est juste que… C’est juste que je n’arrive toujours pas à me faire à l’idée qu’un jour tu te souviendras peut-être plus de rien, plus de moi, de nous...
- Ne t’inquiètes pas je risque pas de t’oublier ahah ! D’autant plus que va falloir exaucer le voeu d’Adélaïde !
- Quel voeux?
- Elle a souhaité que mama redevienne heureuse comme avant, essayons de le lui accorder non ? -souriant à Kida-
- Je serais heureuse si j’étais certaine que ton état soit réversible mais la doctoresse Ingrid m’a dit le contraire.
- Mais tu sais qu’il va bien falloir que tu l’acceptes à un moment ? Laisse toi vivre un peu …
- Que je me laisse vivre? ha, tu parles de cette fois où tu as faillit te jeter du haut d’un pont parce que tu ne me reconnaissais plus? Ou de cette fois où tu es retournée voir ton ex mari en lui disant “J’attends vos ordres, El Commandante”?
- Je n’en ai aucun souvenir, mais si tu tiens à être rassurée, tu pourrais me mettre un traceur dans mes affaires, au moins ça te soulagerait un petit peu non ?
- Comment tu peux dire ça Sélène? Je suis pas la CIA ou la NSA et je ne suis pas sûre que tracer la personne que j’aime pourra me rassurer au contraire. J’ai essayée de te comprendre, de voir à travers toi, mais toi, as tu un instant imaginée ce que tu faisais subir aux personnes qui tiennent à toi ici?
- Si je n’y pensais pas, je ne chercherai pas à te soulager. Donc oui, même si je t’avoue que j’ai peut-être mis du temps, je ne sais pas, mais bon… C’est pas très sain pour toi de mettre la faute de ce que tu t’infliges toute seule comme une grande sur les épaules d’une folle qui perd la boule ahahaha.
- Stop, j’ai compris ce que tu essayes de faire mais ça ne marchera pas. Pas avec moi. On reparlera après que tu ais vu le docteur.
La voiture emprunta une rue où des immeubles de briques rouges la cernait de part et d’autre. La voiture se gara, les deux femmes descendèrent, sur une façade d’un bâtiment on pouvait lire: Clinique du Docteur Samantha Ingrid, neuro-psychiatre.
Sélène dit :
- Eh bien, elle doit en palper de la thune pour avoir une clinique comme ça ! Donc elle s’appelle Samantha, je retiens ahah.
Kida ne prit pas la peine de relever, les deux femmes entrèrent dans le bâtiment. Le hall d'accueil était moderne et épuré, béton lissé au sol, meuble en bois clair, plantes vertes, plafond cathédrale dont descendaient de grand lustre design. Une petit musique relaxante était mise en fond sonore. Tout ici respirait l’art du feng shui et du bien être. Derrière son comptoire une secrétaire à la voix fluette demandant:
- Bonjour, avez-vous rendez-vous?
Kida s’avança et dit:
- Bonjour, oui j’ai appelée tout à l’heure pour être vue en urgence par Samantha Ingrid. C’est pour ma compagne, Sélène Dragunov.
La secrétaire reprit avec sa petite voix:
- Oui, c’est exact, veuillez patienter, j’informe le médecin de votre arrivée.
Sélène s’assit sur une chaise, attendant patiemment la doctoresse, même si elle lâcha :
- Quelle voix désagréable cette secrétaire, ils auraient pu faire un effort …
Kida prit un siège de distance avec Sélène et s’enferma dans le silence. Les minutes passèrent. Descendant par un escalier, une jeune femme rousse avec des yeux bleus s’approcha de Sélène et dit d’une voix calme et ferme à la fois:
- Bonjour Sélène, ravie de vous revoir, veuillez me suivre.
Sélène se mit à rire, et dit :
- Bonjour Samantha, le plaisir n’est pas partagé ahah ! D’ailleurs, n’est-ce pas un comble pour un médecin d’être heureuse de revoir son patient, j’ai toujours trouvé cela déroutant. -se levant de la chaise, s’apprêtant à suivre Samantha-
Kida resta assise et ne daigna même pas adresser le moindre regard à sa femme. Samantha emmena Sélène dans un beau bureau, spacieux et lumineux.
- Bien, commençons, la dernière fois que je vous ai vu c’était il y a trois mois, on avait parlé de vos soucis de réalité et nous avions trouvés un traitement qui semblait fonctionner. Aujourd’hui, votre femme nous a appelée pour nous dire que vous aviez de nouveau des troubles de la mémoire. C’est exact?
Sélène fît un tour rapide du bureau, et s’assit en face de la doctoresse et répondit :
- Alors nous allons faire encore plus simple. Je ne vous ai jamais vu, je n’ai jamais vu ce bâtiment, j’ai découvert que j’avais une fille, et bien que je me rapellais d’avoir passé de bons moments avec Kida, je ne me souvenais pas que j’étais mariée avec. Alors, Madame la doctoresse, que fait-on de mon cas ?
Samantha pris des notes sur un calepin, puis elle dit:
- Et si vous commenciez depuis le début, si pour vous tout cela vous est inconnus, de quoi vous souvenez de plus récent?
- Bon je vais vous récapituler brièvement ma situation. Je suis Sélène Dragunov, Caparmate du Grand-Domaine Racinite récemment kidnappée par les inquisiteurs de l’empire Atlante, dont Kida est l’impératrice. Ils m’ont amenés avec Timothée sur le Justicia, avant de me péter la gueule violemment, peut être parce que j’ai essayé de frapper l’inquisitrice qui se prénomme inquisitrice. Puis je me suis réveillée attaché à une chaise avec El Commandante me torturant, puis je me suis réveillée dans la maison de Kida, où je lui ai dit que c’était une hallucination chose vraie. Voilà voilà, et là c’est du super abrégé !
Toujours en prenant des notes:
- Hm… D’accord, donc dans votre réalité, si je comprends bien, Kida est votre ennemie puisqu’elle vous a enlevée, pourquoi selon vous?
- Ah non mais là vous vous méprenez, Kida et moi sommes amantes dans la réalité. En fait, les inquisiteurs peuvent emprisonner qui ils veulent, même sans l’accord de l’impératrice. Oui je sais c’est débile, mais bon que voulez-vous, il manque bien une case aux atlantes !
- Pourquoi vous ont ils enlevés selon vous, et pouvez vous me parler du rôle de ca...par...mate?
- Mais vous êtes longue à la détente c’est déprimant ! Bon, ils m’ont enlevé pour cause de lèse-majesté envers leur impératrice, enfin c’est plus Timothée qui a commis ce crime que moi, mais bon vu que c’est mon soumis, ils m’ont tenus pour responsable aussi .. Ah et caparmate serait un équivalent de président en fait pour faire court, si vous voulez, je me rappelle de ma constitution, je peux vous la fournir si vous le souhaitez !
La femme continua de prendre ses notes, puis elle dit:
- Pour l’instant, je cherche juste à comprendre, et pour ça il me faut comprendre votre réalité d’accord? Bon, pour résumer, Kida est une impératrice Atlante, dont les inquisiteurs vous ont kidnappée, vous présidente d’un grand domaine pour crime, d’accord. Vous avez également évoquée des tortures, et de El Commandante, c’est étonnant dans nos consultations précédentes vous m’en aviez également parlée, vous êtes toujours amoureuse de lui? Il joue toujours le rôle de dirigeant du, comment s’appelait son pays déjà?
- Le Parana ? Alors là, vous êtes totalement à l’ouest, disons qu’entre aujourd’hui et la dernière fois, il y a eu une fin du monde causée en partie par un trou noir makalien, puis je me retrouve dans les forêts du grand-domaine et je gravis les échelons pendant deux cents ans littéralement, pour enfin arriver caparmate. Suite à cela 700 ans s’écoule, bon je vous passe les détails, et c’est
