"Camarade-Président, dépêchez-vous, on doit vraiment y aller maintenant."
Maurice Lafargue soutenu d'une canne prit d'un coup sa valise et sorti de son bureau rapidement en claquant la porte. Le portrait d'Anton Jacobs en tomba du mur. Toute la délégation de l'administration présidentielle et du Conseil des Commissaires du Peuple embarqua successivement dans des bus affrétés pour rejoindre l'abri prévu à Jacobsstad. La circulation était très difficile malgré le désert apparent qu'était devenu Jacobsstad. Les derniers jours ont été témoins de plusieurs tremblements de terres et autres catastrophes naturelles, les habitants avaient laissés leurs véhicules en plein milieu de la route, des bâtiments étaient en feu et les pompiers débordés ne s'en sortaient pas. Les bus avaient de réguliers accoues, à cause des fissures sur la chaussée. Seuls quelques âmes abandonnées se risquaient à être dehors à ce moment-même. Les seuls bruits de Jacobsstad à cet instant furent les bus mélangés aux pleurs des familles déjà endeuillées. Traçant sa route, le convoi arriva à sa destination, au nord de la capitale. Ils sortirent tous un par un, au pas, disciplinés comme un bataillon armé. L'entrée de l'abri avait été ouverte pour leur arrivée, les habitants sélectionnés ayant été admis une heure plus tôt. Les membres de la délégation entrèrent un par un, tout autant discipliné, montrant leur laisser passer et leur carte d'identité. Après leur contrôle, les hommes et femmes s'entassèrent dans l'abris déjà presque à saturation. Maurice Lafargue porta son regard sur les ruines au Sud de l'entrée. Il y distinguait une silhouette, intrigué, il quitta les rangs pour aller voir qui était-ce. Un garde s'interposa :
"Veuillez restez dans les rangs, je ne le répéteraieuh toutes mes excuses Camrade-Président, dit-il en se réalisant qui était son interlocuteur,
- Ce n'est rien camarade, je reviens dans quelques instants.
- Ne tardez pas trop Camarade-Président, la catastrophe est prévue pour trente minutes !
- Je fais vite."
Il s'extirpa des rangs d'entrée, et se dirigea vers la silhouette. Il s'approcha doucement, encore et encore avant de pouvoir calmement distinguer le visage de cette ombre. Un visage, doux, féminin et jeune, entaché par les larmes.
"Comment t'appelles-tu ma petite ? demande Maurice Lafargue
- O, O, Oriane... répondit la jeune fille avec difficulté.
- Quel âge as-tu ?
- Neuf a, a, ans et vous ?
- Voyons Oriane, ça ne se demande pas ahah. Pourquoi pleures-tu comme ça ? Pourquoi reste-tu là ? il faut que tu t'abrites ! Tes parents ne sont pas avec toi ?
- Ils sont m, m, morts dans le trrrrremblement de terre d'hier, je n'ai pas envie d'aller là bas sans eux....
- Je suis terriblement triste, et te soutiens dans ta peine Oriane, mais il faut que tu ailles t'abriter, quelque chose de très dangereux va se produire bientôt. Acceptes-tu de venir si je t'accompagne ?"
La jeune fille acquiesça et prit la main proposée par Maurice Lafargue. Elle le suivi sans un mot jusqu'à la file. Beaucoup de monde était entré, leur tour fût vite arrivé. Le soldat responsable laissa passer le Camarade-Président, mais pas Oriane.
"Vous ne pouvez pas entrer jeune fille. L'abri est complet.
- COMMENT CA ELLE NE PEUT PAS ENTRER ? hurla le Camarade-Président
- Camarde-Président avec tout le respect que je vous dois, l'abri est malheureusement au complet et nous ne pouvons nous permettre de
- Assez de ses sottises, laissez-là passer.
- Non Camarade-Président je regrette je ne peux pas.
- C'est un ordre camarade !"
Attiré par tout le vacarme, un officier s'approche pour expliquer à Maurice Lafargue qu'il était impossible de faire encore entrer deux personnes. Oriane fondu en larmes, la peur de la mort prenant son contrôle.
"Je ne veux pas mourir... dit-elle en sanglot,
- Tu ne mourras pas ce soir Oriane. Laissez la passer !
- Je regrette Camarade-Président, répondit l'officier.
- Il n'y a donc pas de solution ? Pas de place pour deux ?
- Je le crains."
L'ambiance était pesante au possible. Maurice Lafargue, regarda le doux visage meurtri par la mort. Une jeune fille ne devrait pas connaître la mort comme cela. Il se retourna vers l'officier.
"Prenez-là à ma place.
- Pardon Camarade-Président ?
- Vous m'avez bien compris camarade.
- Mais ce n'est pas possi
- C'est un ordre ! Trève de conneries bon sang ! Vous devriez avoir honte, que dirais Anton Jacobs ? Vous nêtes pas digne de tout ce que nous avons construit. Alors maintenez fermez votre grande gueule de traître et laissez entrer cette jeune fille à ma place dans l'abri.
- Camar
- EXECUTION.
- Bien Camarade-Président."
L'officier en sueur, prit Oriane par la main et la conduisit à l'intérieur de l'abri. Elle ne comprenait pas ce qui était en train de se passer, Maurice lui fit un dernier signe de la main pendant que les portes se refermait. Il était désormais seul, seul dehors, quelques minutes avant la fin d'Anathas. Et c'est fier qu'il fit fasse au ciel qui s'embrasait. Fier, qu'il se tenu, dans le déchaînement du vent. Fier qu'il affrontait la mort.