Déclaration en réaction aux derniers événements.
L’Ordre est l'objet d'une agression brutale et préméditée, qui est un insolent défi au droit des gens. Avant qu'une déclaration de guerre nous eût encore été adressée, avant même que les ambassadeurs de la GTA, des Janissaires et de l'escadron de la liberté eurent demander leurs passeports, notre territoire a été violé.
Ces organisations n'ont fait que donner tardivement le nom véritable à un état de fait qu'elles avaient déjà créé.
Depuis le début, les membres de l’Ordre, dans un sincère amour de la paix, ont refoulé, au fond de leur cœur, le désir des aspirations légitimes.
Nous avons donné au monde l'exemple d'une grande unité qui, définitivement relevée de la défaite par la volonté, la patience et le travail, n'a usé de sa force renouvelée et rajeunie, que dans l'intérêt du progrès et pour le bien de l'humanité.
L’Ordre du Phoenix s'est attaché à poursuivre une politique de prudence, de sagesse et de modération.
On ne peut lui imputer aucun acte, aucun geste, aucun mot, qui n'ait été pacifique et conciliant.
A l'heure des premiers combats, elle a le droit de se rendre solennellement cette justice qu'elle a fait, jusqu'au dernier moment, des efforts suprêmes pour conjurer la guerre, qui vient d'éclater, et dont les ignobles belligérants supporteront, devant l'Histoire, l'écrasante responsabilité.
Au lendemain même du jour où nos alliés et nous, nous exprimions publiquement l'espérance de voir se poursuivre pacifiquement les négociations engagées, la GTA, par son représentant le plus abjecte a déclaré subitement la guerre à Terras, il a envahi son territoire, il a outrageusement insulté la noble nation Terrassienne, notre voisine et notre amie, et il a essayé de nous surprendre traîtreusement.
Mais l’Ordre du Phoenix veillait. Aussi attentif que pacifique, il s'était préparée ; et nos ennemis vont rencontrer sur leur chemin nos vaillantes troupes de couverture, qui sont à leurs postes, et à l'abri desquelles s'achèvera méthodiquement la mobilisation de toutes nos forces nationales.
Notre belle et courageuse armée, que l’Ordre du Phoenix accompagne aujourd'hui de sa pensée maternelle, s'est levée, toute frémissante, pour défendre l'honneur du drapeau et le sol de la liberté.
Étroitement unie en un même sentiment, l’Ordre du Phoenix persévérera dans le sang-froid dont il a donné, depuis l'ouverture de la crise, la preuve quotidienne. Il saura, comme toujours, concilier les plus généreux élans et les ardeurs les plus enthousiastes, avec cette maîtrise de soi, qui est le signe des énergies durables et la meilleure garantie de la victoire.
Dans la guerre qui s'engage, l’Ordre du Phoenix aura pour lui le droit, dont les peuples non plus que les individus ne sauraient impunément méconnaître l'éternelle puissance morale.
Il sera héroïquement défendue par tous ses fils, dont rien ne brisera, devant l'ennemi, l'union sacrée, et qui sont, aujourd'hui, fraternellement assemblés dans une même indignation contre l'agresseur, et dans une même foi libertaire.
Nous avons devant nous une épreuve de première grandeur. Nous avons devant nous, de très longs mois de lutte et de souffrance. Vous me demandez quelle est notre politique ? Je vous répond : faire la guerre, sur mer, sur terre et dans les airs, avec toute notre puissance et toute la force que les dieux peuvent nous donner ; faire la guerre contre une tyrannie monstrueuse, qui n’a jamais eu d’égale dans le sombre et lamentable catalogue des crimes humains. Voilà notre politique. Vous me demandez quel est notre but. Je vous répond en deux mots : la victoire, la victoire à tout prix, la victoire malgré toutes les terreurs, la victoire quelque longue et dure que puisse être la route : car, hors la victoire, il n’est point de survie. Comprenez le bien : pas de survie pour l’Ordre du Phoenix, pas de survie pour tout ce qu’illustre l’Ordre du Phoenix, pas de survie pour l’immémorial effort vers les buts supérieurs de l’humanité. Mais c’est plein d’espoir et d’entrain que j’assume ma tâche, assuré qu’il ne sera pas infligé à notre cause de faillir devant les hommes. Conjonctures qui m’autorisent – je pense – à réclamer l’aide de tous, et à dire. Allons, en avant tous, unis et forts.


