Journal de l’Oracle : 158 . Cycle 2 Année 2356
Nous nous sommes terrés, attendons notre heure, la prophétie la prévoyait, elle s’est réalisée.
Pendant plus de dix décennies nous avons vécu dans les antres de la montagne, priant et scrutant les signes précurseurs de la prophétie.
Je me souviens des histoires que racontaient les anciens, les mêmes que j’ai entendue enfant et que je racontes aujourd’hui à mes enfants… Celles qui se sont transmises jusqu’à nous.
Il y longtemps, une femme, que nous appelons aujourd’hui Auriga, avait annoncée la fin du monde. Bien sûr, les gens ne l’ont pas crue, ils l’ont traitée de folle, d’illuminée mais elle persévéra, montrant que des signes sont entrain d'émerger et qu’il fallait s’y préparer. Un grand nombre d’entre eux était ignorant ou ne voulait pas voir la réalité, préférant penser qu’il vivrait éternellement. Progressivement un certain nombre de personnes rallière la cause d’Auriga mais il fallait se rendre à l’évidence, il lui était impossible de sauver tout le monde. Elle et ses fidèles, qui croyaient en sa vision, ramassèrent de l’argent pour construire ce qu’ils ont baptisés l’Arche, un vaste complexe souterrain destiné à accueillir les élus, pour attendre le Renouveau.
L’opinion des “stranieri”, comme nous appelons les étrangers aux Aurigiens, était empreint de mépris et considérait les Fondateurs comme une secte, même les gouvernements corrompus tentaient d’empêcher l’aboutissement des projets éclairés d’Auriga.
Finalement, après des années à lutter, tant bien que mal, contre l’obscurantisme, l’Arche fut achevée. Quand le grand jour fut venu, ce sont des milliers de personnes qui affluèrent à l’abris mais seuls celles utiles et les partisans de la première heures furent autorisés à prendre place.

Une fois à l’intérieur, en attendant le début de la fin, les Fondateurs travaillaient déjà à préparer le Renouveau. Ils rédigeaient leurs connaissances, leurs histoires, dans des livres, d’autres s’occupaient de travailler sur l’abris lui-même afin de le rendre le plus confortable et fonctionnel possible, enfin, d’autres étaient chargés de scruter la surface, de voir comment le monde se comportait.
Puis comme Auriga l’avait prédit les prémices de la fin arrivaient.
Il eu d’abord la chaleur, forte, insoutenable, suivie par des pluies d’orages torrentielles, et des tempêtes soulevant les bâtiments eux même.

Les saisons changeaient, les récoltes étaient de plus en plus mauvaises et l’eau potable de plus en plus rare.
Les mauvaises conditions d’hygiène causées par le manque d’eau ou l’inefficacité de son traitement réintroduisaient à l’intérieur des grandes métropoles des maladies jadis oubliées.
Rapidement, les hommes à la surface s’affrontaient pour leur survie et les nations se battaient entre elles pour contrôler le peu de terres encore fertiles, ou un point d’eau.
Puis dans cette anarchie sanguinaire arriva un mal invisible et mortel…

Un jour, alors qu’il faisait très chaud à la surface, les hommes utilisant des appareils climatisés pour refroidir leurs intérieurs provoqua une surconsommation électrique, doublée à la fonte des lignes de transport de courant causa un black out total pendant plus d’un mois.
Certaines infrastructures disposants de générateurs de secours purent tenir quelques semaines mais, sans rétablissement rapide de la situation, elles finirent, elles aussi, dans le noir. Finalement, des virus et des bactéries stockées au froid dans des laboratoires finirent par s’échapper de leurs tombeau de glace. Au début ce ne fut qu’une dizaine de cas, puis rapidement, très rapidement, c’était des millions de personnes malades et des milliers d’autres décédées par la maladie.

Sans électricité les hommes ne pouvaient rien faire, pas d’examen sérologique, pas de production de médicaments, pas d’assistance médicale. Le monde n’avait alors que les prières et les yeux pour pleurer.
Alors il fallut trouver un coupable, les pays s’accusant entre eux d’avoir volontairement propagé la maladie, c’est alors, en dépit de tout, comme l’avait annoncée Auriga, que le feu de l’atome fut employé.


Nous, les Aurigiens, bien a l’abris dans nos tunnels de béton et d’acier regardions avec stupeur et tremblement la fin de l’humanité.
Quand l’apocalypse fut terminée, ce fut l’ère des ténèbres, à la surface plus rien ne vivait. Tout était comme figé par cette neige grisâtre qui tombait sans discontinuer des épais nuages qui obscursissaient le ciel jour et nuit. Il fallut alors attendre, longtemps, attendre un signe.
Auriga l’avait annoncée, cette attente serait longue et il nous faudrait beaucoup de courage pour ne pas sombrer dans le chaos le plus total.
Alors nous attendions...
S’occupant comme nous le pouvions, avec le temps les traditions anciennes disparurent laissant place à de nouvelles, nous avons longtemps débattu et philosophés sur la société idéale à créer quand le temps sera venu. Nous avons travailler à maintenir les plantes, insectes et animaux de la surface en bonne santé pour les réintroduire quand le moment sera arrivé. La vie dans l’Arche n’était pas facile, gérer l’occupation des personnes, contrôler les naissances, produire notre eau et notre nourriture, maintenir le bon état de marche des machines qui nous permettaient de recycler l’air, l’eau et nos déchets, limiter la propagation des maladies.
Pendant longtemps nous fûmes contraints de tuer nos anciens à partir d’un certain âge pour permettre à des jeunes générations de vivre.
Nous eurent bien des malheurs et des catastrophes dans l’arche, la pire et la plus marquante fut celle de la mort d’Auriga elle même, la première Oracle.
Pendant le siècle qui s’écoula nous travaillons d’arrache-pied pour développer technologies et machines capables de nous aider à répondre aux nombreux problème d’une vie souterraine en autarcie.
Nos scientifiques et ingénieurs nous ont ainsi permis de développer une puissante intelligence artificielle, des chambres de stases et de nouveaux types de réacteurs nous permettant de survivre en étant plus nombreux et de manière plus efficaces.

Ainsi nous avons, avec le temps, travaillé à fonder une nouvelle société, une nouvelle façon de fonctionner la plus optimale possible.
Ceux dont les compétences n’étaient pas utiles sur le moment étaient envoyés en stase pour économiser les besoins en eaux, nourriture et place. Ceux dont le rôle était vital était maintenu en fonction et ceux sur le point de disparaître furent intégrés à l’intelligence artificielle.
Alors que nous continuons à faire prospérer notre abri, les signes sur renouveau commençaient à apparaître.
Diffus, fragiles et faibles… Nous doutions tous au début mais alors que les mois s’écoulaient il fallait se rendre à l’évidence notre heure était venue.
Au début nous avons envoyés un robot prendre des mesures et réaliser des analyses, les données obtenues étaient incroyable pour le personnel de l’abris. La vie était de nouveau possible, sur cette terre grise couverte de cendre la vie pouvait de nouveau prospérer.
Alors il fallut se mettre au travail, les premiers à sortir n’était pas les historiens, les scientifiques ou les politologues mais les ingénieurs. Il fallait déblayer, nettoyer l’endroit le niveler à notre image et le façonner pour le rendre habitable.
S’en suivis l’érection des édifices qui devaient répondre à nos besoins et finalement ce sont les biologistes qui ont prit le relait pour ensemenser la terre et la rendre fertile.
Cela fait maintenant trois ans que nous avons commencé à sortir de l’Arche, il reste encore beaucoup de gens en stase attendant leur tour, c’est à nous qu’appartient le devoir de bâtir les fondations de leur avenir.
Fin de l'entré.........




