Assis dans un coin de son bureau au Palais Royal d'Aedea, Alexandre ne sait plus trop quoi penser.
Il ne sait pas comment prendre les choses. C'est sûr, la fin est proche. Les récentes découvertes des spécialistes de Penguinoland, les menaces de Germania, la préparation du départ vers un autre monde de la Génovie... Tout pousse à croire que le monde ne sera bientôt plus.
Et pourtant... Alexandre rêve tellement de pouvoir continuer à vivre ainsi, pour toujours. C'est tellement difficile de se dire que ses ancêtres ont tant sacrifié, ont créé un pays magnifique, pour finalement retomber dans le néant.
Plongé dans ses pensées, il n'entend pas la porte qui s'entrouvre doucement.
-Papa ?
C'est son fils, Maxime. Un jeune garçon, mais qui grandit si vite... Alexandre n'a pas eu le temps de le voir évoluer, toujours plongé dans ses papiers à essayer de régler tel ou tel conflit ou pour tenter de sauvegarder la neutralité millénaire du Détroit de Merlos.
Il se retourne en soupirant, les yeux lourds de fatigue.
-Oui Maxime ?
-Tu viens ? Il est temps de te préparer ! Les gens attendent tes décisions, ton premier Ministre est là...
-Oui, oui... J'arrive.
Son fils reparti, Alexandre avance lentement vers son petit balcon. De là, il peut embrasser toute la capitale d'un seul regard.
Mon dieu ! Dire que ces gens encore insouciants attendent mon discours. Mais que vais-je leur dire ? Qu'ils vont tout simplement mourir et que je ne peux rien faire ? Que tout va bien, que la situation est sous contrôle ?
Il me reste encore tant de choses à faire... Mon fils à marier...
Il recule doucement, ferme la porte vitrée qui donne sur sa petite terrasse et se dirige vers la porte qui le sépare de la salle de réunions. Il hésite, prend une grande inspiration, et pousse la battant.
Immédiatement, tous les ministres et hauts dignitaires se retournent, sortants de leurs conversations à voix basse pour accueillir le roi. Ce dernier leur adresse un simple signe de tête.
-Tout est prêt ? lance-t-il simplement
-Oui monsieur, nous avons tout préparé comme vous l'avez demandé, il ne vous reste qu'à apposer votre signature... Et à enregistrer votre discours pour le JT.
-Bien, bien, ne perdons pas de temps.