Un bruit strident retentit alors dans le palais. Quoi encore ! se demande-t-elle. Assaj entend de l’agitation dans les couloirs, un garde arrive dans la cuisine et dit très rapidement :
- Rejoignez le point de rassemblement, on a une suspicion d’intrusion. Le garde repart alors aussi brusquement qu’il est arrivé.
-Entendu. Dit-elle en s'efforçant de prendre une voix grave. Elle se dépêche de cacher les corps des cuisiniers. Elle les pend par les pieds dans la chambre froide, à côté des jambons de selleri, et rejoint rapidement le point de rassemblement. Une fois au point de rassemblement, à l’entrée du palais, les gardes ordonnent aux citoyens de se mettre en rang. Ils passent alors dans les rangs en demandant nom, prénom et profession au sein du palais. Quelques minutes passent, c’est au tour de l’inquisitrice de Cazic.
- Vous êtes cuisinier vous ? Demande le garde
- Oui. Répond Assaj d’une voix étonnamment masculine.
- Votre nom et prénom s’il vous plaît.
- Il faut que j’aille aux toilettes, je ne me sens vraiment pas bien. Assaj Ventress est douée en comédie. Elle donne l’illusion au garde qu’elle va lui vomir dessus.
-Très bien allez-y et ne me vomissez pas dessus par pitié ! Sur ces mots, la femme déguisée en cuisinière court jusqu’aux toilettes et s’enferme dedans. Dans quelle merde je me suis embarquée moi.
-Fin de l’alerte intrusion, tout le monde retourne à son poste. Entend-on dans tout le palais. L’intru a été attrapé, il s’agit probablement d’un visiteur qui s’est égaré. Ventress retourne dans la cuisine du palais, et vérifie que tout est en ordre, qu’il n’y ait aucune trace apparente de son passage.
Quelques minutes plus tard, un garde arrive dans la cuisine et demande :
- Les plats sont-ils prêts à être servis aux convives ?
- Oui bien-sûr, ils ont un peu refroidi à cause du contrôle de sûreté, mais ils sont prêts.
- Hmm, c’est gênant tout de même, je pense que vous comme moi on ne veut pas spécialement avoir de problème avec Mme Dragunov. Bon, faites réchauffer ça, et je reviens le chercher d’ici cinq minutes. Le garde s’en va. L’apprentie cuisinière regarde la cuisine.
-Y a pas de micro-ondes dans ce foutu trou ? Elle continue de regarder et voit un feu de bois, avec une plaque pardessus. Elle pose les deux plats sur la plaque et attend sagement le retour du soldat.
Le soldat arrive alors quelques minutes après, prend les plats et les amène dans la salle où se tient le repas. L’inquisitrice le suit. Elle le voit piquer un petit encas dans l’assiette de la Caparmate.
-Eh ! Que faites-vous ! s’écrie-t-elle
Le garde avale le morceau et recouvre vite le plat.
- Moi, eh bien je ne fais qu’amener le plat à la Caparmate, pourquoi criez-vous comme ça ?
-Pardonnez-moi, j’ai cru que vous aviez pris un morceau de carotte dans l’assiette.
Le garde arrive avec l’inquisitrice dans la salle de banquet, où se tiennent la Caparmate Sélène Dragunov, ainsi qu’une autre femme dont l’identité est inconnue à l’inquisitrice. La Caparmate s’exprime en ces termes :
- Ah enfin la nourriture, c’est pas trop tôt ! Je sais bien qu’on a eu une alerte intrusion, mais là il y a un retard de vingt minutes sur le service ça ne va pas du tout ! Bon, servez vite les plats, moi et Madame Douglas avons déjà assez faim comme ça.
-Madame, dit Assaj, je m’excuse pour ce retard, les plats ont refroidi pendant l’alerte, et je suis seule en cuisine. Dit-elle avec un voix toujours parfaitement masculine. Voici la spécialité de la maison, le coulis de tomate et carottes, avec sauce au beurre.
- Seul en cuisine ? Il me semblait avoir augmenté vos effectifs ...
-Oui, mais mon collègue ne se sentait pas bien, il est allé aux toilettes pendant le contrôle.
- Si les gens commencent à tomber malades aussi, il ne pouvait pas servir puis tomber malade ? Le garde commençait à tituber Regardez-moi ça, même les gardes ne sont plus capables de se tenir dans ce palais, ce n’est pas étonnant que nous perdions la guerre contre la BHC ! Bon, Madame Douglas, bon appétit. Vous autres vous pouvez disposer.
Assaj retourne dans la cuisine, le garde la suit et commence à perdre l’équilibre à mi-chemin. Elle le regarde, il tourne la tête vers la cuisinière et dit
-Que m’avez-vous fait ?
-C’est votre punition pour avoir picoré dans l’assiette de la Caparmate. Rétorque-t-elle. Le garde commence à être défiguré, comme si la peau de son visage était en train de fondre. Ca fait mal ?
-Pas vraiment, que m’arrive-t-il ? Je n’arrive plus à respirer. Vous m’avez empoisonné ! Vous avez empoisonné la Caparmate ! s’écrie-t-il silencieusement, sa respiration coupée, il ne peut plus parler bien fort.
-Silence, elle va vous entendre. L’inquisitrice porte le corps du brigadier dans la chambre froide de la cuisine, et s’enfuit avant que les ennuis ne commencent pour elle. STOP ! Se dit-elle, si le poison ne l’a pas tué je suis foutue. Même si en théorie personne ne peut survivre à une telle dose. L’inquisitrice se dirige alors vers la salle de banquet où elle voit avec effarement que la Caparmate bien qu’affaiblie est toujours vivante, tandis que son invité, elle est bien morte. Quelle sale pute ! Crie-t-elle. Elle sort son blaster, et tire sur Sélène Dragunov. Le premier coup ne lui fait pas grand chose, le deuxième non plus. Sélène lança alors l’arbre contre son attaquante, la transperçant à l’abdomen. Dans un dernier élan de combativité, Assaj Ventress jette son blaster, elle tire sur les deux poignées qui sont à ses hanches et crie : Crève avec moi ! Sa ceinture explose, la boule de feu remplit la salle, et on ne trouve plus la moindre trace de la défunte inquisitrice et des autres personnes présentes dans la salle.